Le diabète dans la philosophie des « Tayyibât » selon le Dr Diaa Al-Awadi : entre l’alimentation, le foie et la résistance à l’insuline.
Le diabète sucré est considéré comme l’une des maladies les plus répandues à l’époque moderne. Il est devenu un défi sanitaire mondial en raison de l’augmentation du nombre de personnes atteintes ainsi que des complications graves qui touchent différents organes du corps. Pendant de longues années, cette maladie a été associée principalement aux traitements médicamenteux et au contrôle du taux de sucre dans le sang. Cependant, de nombreuses études et approches nutritionnelles modernes ont commencé à reconsidérer ses véritables causes et les méthodes de prise en charge, en estimant que l’alimentation et le mode de vie quotidien constituent les facteurs essentiels dans l’apparition et l’évolution de la maladie.
Dans ce contexte, le Dr Diaa Al-Awadi propose, à travers le système des « Tayyibât », une vision différente du diabète, en le considérant avant tout comme une maladie nutritionnelle et métabolique, étroitement liée à la santé du foie, à la manière dont le corps traite les aliments et aux niveaux d’insuline, et non simplement à un dysfonctionnement du pancréas comme cela est généralement admis. Cette approche met également l’accent sur l’importance de corriger les habitudes alimentaires, d’organiser les périodes de repas et de jeûne, et de limiter les pratiques qui perturbent les processus métaboliques de l’organisme.
Ainsi, cette présentation vise à mettre en lumière le concept du diabète dans la philosophie des « Tayyibât », ainsi qu’à expliquer son mécanisme selon le Dr Diaa Al-Awadi, tout en montrant la relation entre le foie gras, la résistance à l’insuline, le cholestérol et les complications du pied diabétique, sans oublier le rôle de l’alimentation dans le contrôle de la maladie et l’amélioration de l’état de santé général.
Le diabète sucré
Le Dr Al-Awadi affirme que le diabète est avant tout une maladie alimentaire. Toutefois, selon lui, la conception erronée dominante réside dans le fait de tenter de le traiter par des médicaments plutôt que par une correction nutritionnelle. Par exemple, il est souvent conseillé au patient diabétique d’éviter les sucres et de réduire les féculents ; le riz et les pommes de terre sont supprimés et remplacés par de grandes quantités de légumes, sans que l’amélioration souhaitée ne soit réellement observée. L’augmentation du nombre de médicaments pris par le patient constitue, selon lui, une preuve évidente que la maladie exerce toujours son contrôle. Les médicaments ont été conçus pour soulager temporairement les symptômes, et non pour accompagner l’être humain toute sa vie. C’est pourquoi il estime que le régime alimentaire doit être ajusté comme étape fondamentale avant même de commencer le traitement médicamenteux.
La qualité des aliments consommés constitue l’élément central, car chaque jour le corps reçoit de nouveaux apports alimentaires que le système biologique doit reconnaître et traiter. Lors d’une consultation médicale, il est généralement recommandé de consommer des aliments à faible index glycémique ou moins caloriques, mais cela n’est pas considéré ici comme l’objectif principal.
L’objectif recherché est plutôt d’éliminer la maladie à sa racine, autrement dit de mettre fin à ce que l’on appelle la politique des « maladies chroniques », car selon cette vision, ces concepts ne devraient pas être considérés comme une fatalité permanente.
Il ne devrait pas être admis qu’une maladie accompagne l’être humain toute sa vie. Comme il est mentionné dans le texte sacré : « À chaque maladie correspond un remède ».
Dans sa conception actuelle, le médicament ne permet pas une guérison complète ; les traitements du diabète servent surtout à réguler le taux de sucre dans le sang sans traiter les causes profondes de la maladie. Certes, le corps peut traverser des périodes de fatigue nécessitant un soutien temporaire pour retrouver son équilibre, mais il faudrait, selon cette approche, abandonner l’idée d’une coexistence permanente avec les « maladies chroniques ».
Les maladies dont on parle aujourd’hui comme très répandues ne l’étaient pas autant autrefois, et rien ne confirme réellement l’idée selon laquelle l’âge de quarante ans représenterait inévitablement une « phase de transition » où commenceraient l’athérosclérose, les maladies cardiaques, l’hypertension et le diabète.
Le changement du concept du diabète
Selon le Dr Al-Awadi, le diabète a été mal compris ainsi que sa manière d’être traité. Il estime qu’il a été orienté vers une voie thérapeutique incorrecte et que le traitement de ses complications n’a pas été mené de manière adéquate, ce qui a conduit à des résultats insatisfaisants. Des problèmes touchant les membres, comme la mauvaise circulation sanguine, ont ainsi été observés, pouvant aller jusqu’à l’amputation dans certains cas. Le diabète est devenu un problème de santé majeur, qu’il relie à la présence d’un foie gras (Fatty Liver), alors que le traitement se concentre essentiellement sur le pancréas.
La question centrale devient alors celle du foie : quel est son problème ? À chaque repas, les taux de sucre et de graisse augmentent dans le sang, et le foie intervient pour les traiter et les réguler, comme un système de « correction » après ces pics soudains (spikes). Mais lorsqu’il existe un foie gras, chaque repas riche en sucre provoque des hausses importantes de glycémie, entraînant une augmentation de l’insuline, puis une résistance à l’insuline, avant d’aboutir à un épuisement ou une insuffisance relative du pancréas face à cette hyperglycémie chronique.
Ainsi, le traitement est souvent dirigé vers le soutien du pancréas défaillant, alors que le problème fondamental résiderait, selon cette vision, dans le foie gras. Pour traiter ce dernier, il serait nécessaire de corriger les mauvaises habitudes alimentaires adoptées au moment des repas. Cette approche est présentée comme un véritable plan thérapeutique : en s’y conformant, il serait possible d’améliorer l’état du foie gras et les niveaux de sucre sanguin, ce qui pourrait conduire chez certains patients à une diminution des doses de médicaments.
Bien que le diabète soit classé comme une maladie chronique, cette approche considère qu’il est possible de le contrôler et de réduire progressivement la dépendance aux médicaments grâce à un suivi médical régulier et à une modification du mode de vie alimentaire. L’augmentation des médicaments à chaque consultation n’est pas nécessairement un signe d’amélioration, mais peut refléter la persistance du déséquilibre dans le contrôle de la maladie. Ainsi, la régulation du sucre ne dépend pas uniquement du traitement médicamenteux, mais aussi d’une prise en charge nutritionnelle et comportementale globale.
Le mécanisme du diabète selon le Dr Al-Awadi
Tout commence par le foie, considéré comme l’organe principal de régulation hormonale et des processus métaboliques nutritionnels dans le corps. Le fonctionnement du corps repose sur deux états fondamentaux : l’état de satiété (après le repas) et l’état de jeûne. Le foie joue un rôle central dans le maintien de l’équilibre entre ces deux états afin d’assurer la continuité des fonctions corporelles normales.
Dès la consommation d’aliments, commence l’état de satiété, qui peut durer environ huit heures. Pendant cette période, les nutriments sont absorbés dans l’intestin grêle, particulièrement dans sa première partie. Celui-ci contient des villosités ressemblant à de petits doigts, chargées d’absorber les nutriments essentiels comme les acides aminés, le glucose, les acides gras et les lipides fins. Après leur absorption, ces éléments sont transportés directement vers le foie pour y être traités.
Lorsque ces nutriments arrivent, le foie commence à les gérer en transformant le glucose en glycogène, forme de stockage du sucre dans le corps. Si la quantité de glucose dépasse les besoins de l’organisme, son taux sanguin augmente, stimulant alors le pancréas — en particulier les cellules bêta — à sécréter de l’insuline. À ce stade, l’insuline devient l’hormone dominante : elle favorise l’utilisation du glucose pour produire de l’énergie et facilite son entrée dans les cellules via les récepteurs GLUT4, notamment dans les tissus adipeux où l’excès est stocké sous forme de graisse.
Le rôle de l’insuline ne se limite pas à cela ; elle contribue aussi à l’utilisation des acides aminés pour la synthèse des protéines nécessaires aux muscles, tandis que l’excédent est converti en graisse. Il est important de noter que le glucose seul peut être utilisé pour produire des triglycérides, même sans absorption de graisses externes.
En principe, cet état de satiété ne devrait pas durer plus de huit heures. Ensuite, le corps entre dans l’état de jeûne. À ce moment-là, le foie commence à utiliser les réserves énergétiques en décomposant les graisses, puis en les libérant dans le sang, passant ainsi du rôle de stockage à celui de production d’énergie.
Le problème apparaît lorsque le corps n’a jamais l’occasion d’entrer dans l’état de jeûne, soit à cause de repas fréquents et rapprochés, soit à cause de médicaments stimulant continuellement la sécrétion d’insuline. Dans ce cas, le taux d’insuline reste constamment élevé, empêchant la dégradation des graisses (lipolyse). Les graisses et le cholestérol restent alors piégés dans le foie, ce qui peut conduire à des troubles métaboliques et à divers problèmes de santé.
Lorsque le foie devient gras, chaque consommation de sucre entraîne une forte augmentation de la glycémie, nécessitant une sécrétion importante d’insuline. Avec la répétition de ce phénomène, une résistance à l’insuline apparaît : les cellules répondent moins efficacement à cette hormone, obligeant le pancréas à en produire davantage. Avec le temps, celui-ci peut ne plus être capable de suivre cette demande permanente, ce qui conduit à une sorte d’insuffisance fonctionnelle.
Dans cette situation, l’attention se concentre souvent sur le traitement de la faiblesse du pancréas, alors que la cause initiale résiderait dans le foie gras. C’est pourquoi le véritable traitement devrait commencer par la correction du dysfonctionnement hépatique et l’amélioration de la manière dont le corps gère l’alimentation, en particulier pendant les périodes de repas. Le foie gras reflète un déséquilibre général dans la gestion des lipides, y compris du cholestérol.
Le cholestérol et le pied diabétique
Le cholestérol est une substance cireuse entrant dans la composition des membranes cellulaires. La cellule nerveuse est entourée d’une gaine appelée gaine de myéline, composée à près de 80 % de cholestérol. Cette gaine est une couche graisseuse qui entoure le nerf et accélère considérablement la transmission des signaux nerveux.
Son rôle ne s’arrête pas là : elle agit aussi comme un isolant, semblable au plastique entourant les fils électriques. Cet isolant empêche l’interférence des signaux lorsque les nerfs se touchent et améliore l’efficacité de leur transmission. Lorsque cette gaine est endommagée ou détruite, une neuropathie périphérique peut apparaître, se manifestant par des engourdissements, des picotements, une sensation excessive de froid ou une mauvaise circulation sanguine dans les extrémités. Ces signes peuvent constituer les débuts des complications du pied diabétique.
Dans de nombreux cas, le patient prend des vitamines comme la vitamine B sans obtenir de résultats suffisants, faute des matières premières nécessaires aux processus de reconstruction dans le corps. Cela s’explique par le fait que le corps reste constamment en état de satiété, soit à cause de repas fréquents, soit à cause de médicaments augmentant la sécrétion d’insuline. Le corps demeure ainsi dans l’état de « nourrissage » sans pouvoir entrer dans l’état de « jeûne », où le glucagon diminue et où les processus de transport et d’utilisation des nutriments ne s’effectuent pas efficacement.
Lorsque la cellule est saine, que sa membrane fonctionne correctement et que ses signaux internes sont équilibrés, sa réponse est forte et efficace, y compris sa capacité à résister aux microbes. Par exemple, des globules blancs en bon état peuvent attaquer et éliminer rapidement les agents pathogènes. En revanche, en cas d’hyperglycémie et d’affaiblissement cellulaire, cette capacité diminue, le système immunitaire devient moins performant à cause du manque de renouvellement cellulaire, de la faiblesse des membranes et du dérèglement des fonctions cellulaires, permettant ainsi aux microbes de proliférer plus facilement.
En conclusion, il apparaît que le diabète n’est plus considéré, dans la philosophie des « Tayyibât » du Dr Diaa Al-Awadi, comme un simple trouble lié à l’élévation du sucre sanguin, mais plutôt comme le résultat de déséquilibres nutritionnels et métaboliques accumulés affectant le foie, l’insuline et les mécanismes de gestion de l’énergie et des aliments dans l’organisme.
À travers cette conception, l’accent est mis sur l’importance de corriger le mode de vie alimentaire, d’organiser les habitudes quotidiennes et de permettre au corps de retrouver son équilibre naturel, au lieu de dépendre uniquement des traitements médicamenteux.
Cette approche souligne également que la prévention et une alimentation saine constituent les fondements essentiels dans la lutte contre les maladies chroniques, et que l’amélioration de la qualité des aliments et de leur mode de consommation peut contribuer à réduire les complications de la maladie et à améliorer la qualité de vie des patients. Ainsi, l’alimentation demeure un facteur central dans la préservation de la santé humaine, faisant de la conscience nutritionnelle une nécessité majeure à l’époque moderne, surtout avec l’augmentation continue des maladies métaboliques.